La formation professionnelle et l’apprentissage traversent une période de resserrement budgétaire en France. Entre un compte personnel de formation (CPF) de plus en plus contraignant, des moyens réduits pour France Travail et un apprentissage qui marque le pas après sept années de hausse continue, plusieurs changements concrets attendent salariés, demandeurs d'emploi et entreprises dans les mois qui viennent.
Un CPF plus restrictif dès la rentrée
Le projet de loi de finances 2027 prévoit de nouvelles économies sur le compte personnel de formation, à hauteur de 350 millions d’euros. Concrètement, le reste à charge demandé aux titulaires passerait de 150 à 350 euros pour les formations jugées « non prioritaires ». La réforme, qui doit être rétroactive au 1er octobre, pourrait entraîner, selon les projections du gouvernement lui-même, jusqu’à 30 % de renoncements à la formation chez les salariés et les personnes en recherche d'emploi.
Pour les salariés qui envisagent une reconversion, mieux vaut donc vérifier en amont si la formation visée reste éligible aux conditions actuelles, avant que les nouvelles règles ne s’appliquent pleinement.
France Travail, moins de moyens pour plus de missions
Dans le même budget, France Travail est mis devant une équation délicate : accompagner davantage de publics dans le cadre de la loi Plein emploi, tout en voyant ses moyens réduits. La subvention versée par l’État recule de 210,5 millions d’euros, et le fonds dédié à la formation des demandeurs d'emploi diminue de 43,75 %. Une tension qui s’ajoute à celle déjà ressentie sur le terrain, notamment pour les chercheurs d'emploi à la rentrée, période où la demande d’accompagnement est traditionnellement la plus forte.
L’apprentissage sort d’un cycle de croissance
Troisième évolution majeure : l’apprentissage, longtemps porté par des aides massives, change de rythme. La France comptait 1 017 500 contrats d’apprentissage en cours au 31 décembre 2025, mais les 846 700 contrats qui ont débuté sur l’année marquent un retournement après sept années de croissance continue. La tendance se confirme au premier trimestre 2026, avec 70 400 nouveaux contrats signés, soit un recul de 3,3 % sur un an ; à fin mai, 79 900 contrats avaient démarré depuis janvier (-3,2 %).
Le ralentissement n’est pas uniforme : les entrées progressent de 7,7 % dans le secondaire, alors qu’elles chutent de 16,4 % dans le supérieur. Du côté du financement, les crédits d’État consacrés à l’alternance passent de 5,9 milliards d’euros exécutés en 2024 à 3,7 milliards proposés pour 2026 — une baisse qui explique en grande partie la révision des règles côté entreprises. Malgré ce coup de frein, l’insertion professionnelle résiste : 74 % des apprentis occupent un emploi sept mois après la fin de leur formation.
Ce qu’il faut retenir
- Le reste à charge du CPF pourrait presque doubler sur les formations non prioritaires.
- France Travail doit faire plus avec moins, au moment où la demande d’accompagnement reste élevée.
- L’apprentissage recule pour la première fois depuis sept ans, surtout dans le supérieur.
- L’insertion des apprentis reste globalement bonne malgré le ralentissement des entrées.
Pour les jeunes qui préparent leur entrée dans la vie active, ces arbitrages budgétaires s’ajoutent à d’autres mesures déjà annoncées, comme le plan du gouvernement pour l'emploi des jeunes, qui vise justement à compenser une partie de ce ralentissement. Dans l’attente des arbitrages définitifs du budget, les actifs ont tout intérêt à anticiper leurs démarches de formation plutôt que d’attendre l’entrée en vigueur des nouvelles règles.
Questions fréquentes
Le CPF va-t-il disparaître ?
Non, le compte personnel de formation n’est pas supprimé. La réforme en discussion augmente le reste à charge sur les formations jugées non prioritaires, mais le dispositif continue d’exister pour l’ensemble des actifs.
Pourquoi l’apprentissage recule-t-il après tant d’années de hausse ?
La baisse des contrats s’explique surtout par la réduction des aides de l’État aux employeurs, dont les crédits dédiés à l’alternance diminuent fortement entre 2024 et 2026, en particulier pour les formations du supérieur.
Ces changements concernent-ils aussi les demandeurs d'emploi déjà accompagnés par France Travail ?
Oui : la baisse du fonds de formation des demandeurs d'emploi peut réduire l’offre de formations financées, même si France Travail doit dans le même temps suivre davantage de publics au titre de la loi Plein emploi.
Sources
- UNSA — PLF 2027 : l'emploi et la formation encore affaiblis
- AEF info — La réforme du CPF sera rétroactive au 1er octobre 2026
- Benjamin Duplaa — Apprentissage 2026 : la courbe s’est retournée
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


