Fini le flou sur les étiquettes « éco-responsable » ou « respectueux de la planète » : le secteur de la cosmétique s’apprête à vivre un tournant réglementaire. Une nouvelle directive européenne contre le greenwashing entre en application le 27 septembre, et elle va changer la façon dont les marques de beauté communiquent sur leurs produits.
Baptisée EmpCo (« Empowering Consumers for the Green Transition »), cette directive européenne impose désormais aux fabricants de prouver une allégation écologique avant de la publier, et non plus seulement en cas de contestation a posteriori. Un renversement de logique qui touche de plein fouet l’industrie cosmétique, coutumière des mentions « clean », « vert » ou « naturel » apposées sur les packagings sans certification associée.
Ce que change concrètement la nouvelle règle
Concrètement, les marques ne pourront plus utiliser de termes génériques comme « éco-responsable » ou « bon pour la planète » sans les assortir d’une preuve vérifiable, sauf s’il s’agit d’un label public reconnu tel que l’Écolabel européen. Il devient également interdit d’affirmer qu’un produit a un impact environnemental neutre ou positif en se fondant uniquement sur l’achat de crédits carbone ou des investissements dans des projets de compensation externes.
- Interdiction des mentions vagues non certifiées sur les emballages et publicités
- Obligation de preuve préalable, avant toute publication de l’allégation
- Encadrement strict des références à la compensation carbone
- Sanctions coordonnées à l’échelle européenne, pouvant atteindre 4 % du chiffre d’affaires, avec un plafond national maintenu à 10 % en France
Pour les enseignes du secteur beauté et bien-être, l’enjeu est de taille : une grande partie du marketing des dernières années s’est appuyée sur des éléments de langage écologiques peu documentés. Les services juridiques et marketing des groupes cosmétiques ont dû revoir en urgence leurs argumentaires, à l’image des efforts déjà engagés autour de l’encadrement européen des emballages cosmétiques, entré en vigueur plus tôt cette année.
Une pression qui s’ajoute à d’autres obligations
Cette directive anti-greenwashing ne surgit pas isolément. Elle vient compléter un mouvement réglementaire déjà entamé sur l’étiquetage des allergènes dans les cosmétiques, qui a renforcé les exigences de transparence sur la composition des produits. Les consommateurs, de mieux en mieux informés, réclament des preuves plutôt que des slogans, un phénomène que confirme l’essor de la cosmétique naturelle et bio comme critère d’achat prioritaire pour une part croissante des Français.
Les fabricants qui avaient anticipé cette évolution, en misant sur des certifications tierces et des formulations documentées, partent avec une longueur d’avance. Les autres devront revoir leurs supports de communication dans un délai désormais très court, sous peine de sanctions qui peuvent rapidement peser lourd pour une PME du secteur.
Quel impact pour les consommateurs ?
Pour le grand public, cette réforme devrait clarifier durablement les rayons. Une mention écologique visible sur un flacon de soin ou un shampoing devra désormais correspondre à une réalité démontrable, et non plus à un simple argument de vente. Cela s’inscrit dans une tendance de fond du secteur : la routine beauté se veut plus sobre, plus lisible, avec moins de promesses et davantage de résultats vérifiables, en écho aux évolutions déjà observées dans d’autres secteurs de l’économie et de la consommation responsable.
Les associations de consommateurs saluent globalement cette avancée, tout en appelant à une vigilance accrue sur les contrôles, condition indispensable pour que la directive produise ses effets sur le terrain plutôt que sur le seul papier réglementaire.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la directive EmpCo ?
Il s’agit d’une directive européenne (UE 2024/825) qui encadre les allégations environnementales des produits et services, avec pour objectif d'empêcher les marques d’utiliser des mentions écologiques non prouvées.
À partir de quand la directive s’applique-t-elle ?
La directive entre en application le 27 septembre, date à laquelle les nouvelles obligations de preuve et les interdictions de mentions génériques deviennent effectives dans l’ensemble des États membres.
Quelles sanctions pour les marques de cosmétique en infraction ?
Les sanctions sont coordonnées au niveau européen et peuvent atteindre au moins 4 % du chiffre d’affaires du contrevenant, la France conservant par ailleurs un plafond national pouvant aller jusqu’à 10 %.
Sources
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


