Les derniers chiffres communiqués par les grands groupes du secteur confirment une tendance qui s’installe depuis plusieurs mois : les applications de rencontre perdent des utilisateurs, et pas seulement de manière anecdotique. Match Group, propriétaire de Tinder, Hinge et OkCupid, a annoncé à ses investisseurs une baisse de 6 % de ses abonnés payants sur un an. Tinder perd 7 % d’utilisateurs actifs mensuels, et l’action de Bumble a chuté de 55 % en douze mois après un recul de 16 % de ses abonnés.
Ce n’est plus un simple ressenti de célibataires fatigués : c’est devenu un sujet d’étude pour les chercheurs, qui commencent à expliquer pourquoi le modèle du swipe s’épuise.
Des chiffres qui confirment le désamour numérique
Le recul n’est pas brutal mais régulier, et il touche d’abord les générations qui ont le plus utilisé ces applications : la génération Z et les milléniaux délaissent progressivement les plateformes historiques. Une exception notable existe toutefois : Hinge, qui mise sur un format plus axé sur la relation que sur le volume de profils, affiche une croissance de 22 % de ses revenus et 13 % d’utilisateurs actifs supplémentaires dans le monde. De quoi suggérer que ce n’est pas la rencontre en ligne elle-même qui est rejetée, mais une certaine façon de la pratiquer.
Pourquoi tant d’utilisateurs décrochent
Une étude menée par Ipsos avec le Dating Lab situe à 49 % la part de célibataires qui disent ressentir une forme de lassitude envers la rencontre en ligne, un chiffre qui grimpe à 61 % chez les utilisateurs réguliers. En France, 85 % des personnes interrogées déclarent préférer une rencontre en personne, une proportion encore plus marquée chez les moins de 35 ans.
Pour la chercheuse Liesel Sharabi, qui dirige un laboratoire consacré aux relations à l’Arizona State University, le problème tient moins au manque de choix qu’à son excès : chaque session impose une série de micro-décisions — swiper, engager la conversation, la poursuivre ou abandonner pour « peut-être mieux » — qui finit par produire une véritable fatigue décisionnelle. Les déceptions répétées, l’érosion de la confiance en soi et le ghosting s’ajoutent à la liste des facteurs cités par les personnes interrogées.
Vers d’autres manières de se rencontrer
Ce constat nourrit déjà de nouveaux formats. Comme le montre la percée du slow dating face au swipe à l’infini, une partie des utilisateurs cherche désormais à ralentir le rythme plutôt qu’à l’accélérer. D’autres plateformes misent sur des rendez-vous encadrés autour du sport ou de l’amitié plutôt que sur le swipe, une manière de recréer du lien sans la pression de la rencontre amoureuse immédiate.
La confiance reste également un enjeu central : à mesure que les usages se diversifient, la vérification d’identité s’impose face aux faux profils, un sujet qui pèse aussi sur la décision de rester ou non sur ces plateformes. Les applications qui misent sur la qualité de la mise en relation plutôt que sur le volume, à l’image de ce qui se joue dans les applications et nouvelles technologies en général, semblent mieux résister à ce désamour.
Reste à savoir si cette évolution concerne surtout les adultes : les familles suivent, elles, un débat différent autour de l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux et plateformes numériques, où les enjeux de sécurité priment sur la question du désamour.
Questions fréquentes
Les applications de rencontre perdent-elles vraiment des utilisateurs ?
Oui, les résultats financiers communiqués par Match Group (Tinder, Hinge, OkCupid) et par Bumble montrent une baisse des abonnés payants et des utilisateurs actifs sur la dernière année, à l’exception de Hinge qui continue de croître.
Pourquoi les célibataires se disent-ils fatigués de ces applications ?
Les études pointent une surcharge de micro-décisions à chaque session, des déceptions répétées, le ghosting et une préférence croissante pour les rencontres en personne, en particulier chez les moins de 35 ans.
Quelles alternatives émergent face à ce désamour ?
Le slow dating, les rendez-vous encadrés autour d’activités communes et un renforcement de la vérification d’identité font partie des réponses testées par les plateformes pour regagner la confiance des utilisateurs.
Sources
- L’Express — Les applications de rencontre sont en train de mourir, et cela s’explique scientifiquement
- NPR — Have dating apps lost their luster? Data shows a decline in users
- Forbes Health — Dating app burnout survey
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


