Sur les applications et sites de rencontre, une menace prend de l’ampleur en silence : l’arnaque sentimentale. Derrière un profil séduisant se cache parfois un escroc bien organisé, capable de construire une relation de confiance pendant des semaines avant de demander de l’argent. Selon le dispositif national Cybermalveillance.gouv.fr, les demandes d’assistance liées à ce type d’escroquerie ont bondi de 91 % entre 2022 et 2023, avant de continuer à progresser (+6 % en 2024) — un phénomène loin de s’essouffler.
Un phénomène qui touche des milliers de Français
La police nationale a enregistré environ 3 400 plaintes validées pour escroquerie sentimentale en 2024. Un chiffre qui ne reflète toutefois qu’une partie de la réalité : de nombreuses victimes, par honte ou par méconnaissance des démarches, ne portent jamais plainte. L’Ordre des avocats de Paris estime ainsi que le nombre réel de personnes touchées pourrait avoisiner les 200 000 victimes à l’échelle du pays. Plus largement, Cybermalveillance.gouv.fr a traité plus de 504 000 demandes d’assistance toutes cybermalveillances confondues en 2025, en hausse de plus de 20 % sur un an, signe d’une pression croissante des escroqueries en ligne sur les particuliers.
Ces réseaux d’escrocs, parfois qualifiés de « brouteurs » dans l’argot francophone, ne sont pas des amateurs isolés. Les autorités étrangères multiplient les coups de filet : fin 2025, une arrestation a par exemple visé au Ghana un cybercriminel soupçonné d’appartenir à un réseau organisé d’escroquerie sentimentale, preuve que ces filières dépassent largement les frontières françaises.
Des profils de plus en plus crédibles
Le scénario classique reste reconnaissable pour qui sait l’observer : un profil aux photos trop parfaites, une profession qui impose un éloignement géographique difficile à vérifier (militaire en mission à l’étranger, ingénieur sur une plateforme pétrolière, médecin humanitaire, veuf ou veuve avec un enfant), et une histoire d’amour qui s’accélère anormalement vite. La difficulté, c’est que les outils des escrocs progressent aussi : l’essor des deepfakes permet désormais de simuler des appels vidéo convaincants, rendant plus difficile la vérification classique « demandez un appel en direct ».
- Des photos de profil trouvées ailleurs sur internet (vérifiables par recherche d’image inversée)
- Un refus récurrent de tout appel vidéo spontané, ou des appels étrangement figés
- Une histoire personnelle dramatique amenant progressivement à une demande d’argent
- Une urgence financière soudaine : frais médicaux, blocage douanier, billet d’avion
Comment réagir et se protéger
Face à une suspicion, la règle est simple : ne jamais envoyer d’argent à une personne rencontrée uniquement en ligne, même après plusieurs mois d’échanges. Cybermalveillance.gouv.fr recommande de cesser tout contact, de conserver les échanges comme preuves, puis de signaler les faits via sa plateforme ou de déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie. Les services d’accompagnement aux particuliers peuvent également orienter les victimes vers les démarches bancaires à entreprendre pour tenter de bloquer une transaction en cours.
Au-delà de la vigilance individuelle, quelques réflexes simples permettent de limiter les risques dès l’inscription sur un site ou une application, notamment ceux évoqués dans nos astuces pratiques du quotidien ou dans notre rubrique consacrée aux activités en ligne : privilégier les plateformes réputées, ne jamais partager ses coordonnées bancaires, et se méfier de toute relation qui progresse anormalement vite vers des demandes financières.
Questions fréquentes
Comment reconnaître une arnaque sentimentale dès les premiers échanges ?
Les signaux les plus fiables sont un refus répété d’appel vidéo, une histoire personnelle qui justifie un éloignement géographique difficile à vérifier, et une progression très rapide vers des déclarations sentimentales intenses.
Que faire si on a déjà envoyé de l’argent ?
Il faut immédiatement cesser tout contact, contacter sa banque pour tenter de bloquer ou contester la transaction, conserver toutes les preuves des échanges, puis signaler les faits sur Cybermalveillance.gouv.fr et déposer plainte auprès de la police ou de la gendarmerie.
Les seniors sont-ils particulièrement visés ?
Les personnes isolées, notamment certains seniors, sont souvent ciblées par les escrocs car elles peuvent être plus disponibles pour de longs échanges et plus enclines à faire confiance à un interlocuteur attentionné sur la durée.
Sources
- Cybermalveillance.gouv.fr — Comment réagir en cas d’escroquerie sentimentale
- Cybermalveillance.gouv.fr — Rapport d’activité 2025
- AllAfrica — Arrestation d’un cybercriminel accusé de faire partie d’un réseau d’escroquerie sentimentale (Ghana)
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale


