Ils sont un peu partout autour de nous, et pourtant on les remarque rarement. En France, près de 11 millions de proches aidants accompagnent au quotidien un parent vieillissant, un conjoint malade ou un enfant en situation de handicap, selon les données de la DREES. Ces aidants familiaux assurent une part immense de l’accompagnement de la perte d’autonomie, souvent sans compter leurs heures ni connaître leurs droits. En 2026, plusieurs dispositifs se précisent et méritent d’être mieux connus des familles.
Qui sont les proches aidants en France ?
Un proche aidant est une personne qui vient en aide, de manière régulière et non professionnelle, à un membre de son entourage en perte d’autonomie ou en situation de handicap. Le phénomène est massif et touche toutes les générations : environ 60 % des aidants sont des femmes, et une large majorité d’entre eux exercent en parallèle une activité professionnelle. Selon une étude OCIRP/Viavoice, un salarié sur quatre pourrait être concerné à l’horizon 2030.
Concilier vie professionnelle, vie de famille et accompagnement d’un proche relève souvent du casse-tête. C’est précisément pour soulager ces situations que le législateur a renforcé, ces dernières années, un ensemble de droits spécifiques. Ces questions concernent directement le quotidien des familles et des seniors.
Le congé de proche aidant, sans condition d’ancienneté
Le congé de proche aidant permet à un salarié de suspendre ou de réduire son activité pour s’occuper d’un proche. Depuis la suppression, en 2022, du critère de « particulière gravité », l’accès en a été sensiblement élargi. Ses principales caractéristiques :
- Accessible à tout salarié, sans ancienneté minimale dans l’entreprise.
- D’une durée de trois mois, renouvelable, dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière.
- Fractionnable ou transformable en temps partiel, pour s’adapter aux besoins réels.
- Assorti d’une garantie de retour à un poste équivalent et d’une protection contre le licenciement.
La personne aidée doit résider en France et présenter un handicap ou une perte d’autonomie. La demande se formule en principe un mois avant le début du congé, sauf situation d’urgence.
L’AJPA revalorisée en 2026
Comme le congé n’est pas rémunéré par l’employeur, une allocation prend le relais : l’Allocation journalière du proche aidant (AJPA), versée par la CAF ou la MSA. Au 1er janvier 2026, son montant est fixé à 66,64 euros pour une journée complète et 33,32 euros pour une demi-journée. Ce barème est revalorisé chaque année par décret.
L’allocation est plafonnée à 66 jours par personne aidée, avec une limite de 22 jours par mois. Depuis le 1er janvier 2025, une avancée notable : l’AJPA peut être renouvelée pour un nouveau proche, jusqu’à quatre personnes différentes au cours de la carrière, soit un plafond total de 264 jours. Un point utile à anticiper dans une réflexion plus large sur son parcours professionnel.
Un droit au télétravail renforcé
Autre évolution concrète : la loi du 19 juillet 2023 a consolidé l’accès au télétravail des salariés aidants. Désormais, lorsqu’un salarié aidant demande à en bénéficier, l’employeur qui refuse doit motiver sa décision par écrit. Un levier précieux pour rester présent auprès d’un proche fragile tout en conservant son emploi, particulièrement utile en cas de suivi médical régulier.
Bien s’informer avant de se lancer : la checklist
- Vérifier son éligibilité au congé de proche aidant auprès de son employeur ou du service RH.
- Constituer le dossier AJPA (justificatif de lien familial, attestation de la perte d’autonomie du proche).
- Se rapprocher d’un point d’information local (CCAS, plateforme de répit, maison départementale de l’autonomie).
- Anticiper les solutions de répit pour éviter l’épuisement, un risque bien réel chez les aidants.
Questions fréquentes
Qui peut être considéré comme proche aidant ?
Toute personne qui aide, de façon régulière et non professionnelle, un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap : conjoint, parent, enfant, mais aussi un ami ou un voisin dans certains dispositifs. Le lien de parenté n’est pas toujours exigé.
L’AJPA est-elle cumulable avec un salaire ?
L’AJPA vise à compenser une perte de revenu liée à la réduction ou à la suspension de l’activité pendant le congé de proche aidant. Elle n’a pas vocation à s’ajouter à un salaire perçu à temps plein sur les mêmes journées.
Combien de temps peut-on rester en congé de proche aidant ?
Le congé dure trois mois, renouvelable, dans la limite d’un an sur l’ensemble de la carrière. Il peut être pris de façon continue, fractionnée ou sous forme de temps partiel, selon un accord avec l’employeur.


